Les bases de l’ergonomie
Comment pouvait on commencer à parler d’ergonomie sans se fixer les bases c’est à dire les définitions, l’évolution de cette discipline. Dans cet article, vous découvrirez que l’ergo découle tout naturellement de l’évolution du travail…
1. DEFINITIONS DE L’ERGONOMIE
Pour info, bien que la discipline soit relativement jeune, le terme « ergonomie » est apparu pour la première fois en 1857 dans l’ouvrage « Précis d’ergonomie ou de la science du travail, basée sur des vérités tirées des sciences de la nature » de Wojciech Jastrzebowski, un naturaliste polonais.
La Société d’Ergonomie de la Langue Française (SELF, crée en 1963) a proposé une première définition :
L’ergonomie est une discipline qui a pour objectif l’adaptation du travail à l’homme. L’ergonomie contribue par la mise en oeuvre de connaissances scientifiques relatives à l’Homme et aux sciences de l’ingénieur, à la conception d’outils, de dispositifs techniques, d’organisations qui puissent être utilisés par le plus grand nombre avec le maximum de confort, de sécurité et d’efficacité.
Au travers de cette définition, on voit que l’enjeu global est d’adapter le travail à l’Homme. L’ergo est une finalité se servant de méthodes pluridisciplinaires.
Depuis, une autre définition adoptée par tous, a été proposée par l’IEA (Association Internationale d’Ergonomie ) :
L’ergonomie (ou Human Factors) est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d’un système, et la profession qui applique principes théoriques, données et méthodes en vue d’optimiser le bien-être des personnes et la performance globale des systèmes.
Les praticiens de l’ergonomie, les ergonomes, contribuent à la planification, la conception et l’évaluation des tâches, des emplois, des produits, des organisations, des environnements et des systèmes en vue de les rendre compatibles avec les besoins, les capacités et les limites des personnes.
Domaines de spécialisation :
Dérivée du grec ergon (travail) et nomos (règles) pour signifier la science du travail, l’ergonomie est une discipline orientée système, qui s’applique aujourd’hui à tous les aspects de l’activité humaine. Les ergonomes praticiens doivent avoir une compréhension large de l’ensemble de la discipline, prenant en compte les facteurs physiques, cognitifs, sociaux, organisationnels, environnementaux et d’autres encore. Les ergonomes travaillent souvent dans des secteurs économiques particuliers, des domaines d’application. Ces domaines d’application ne sont pas mutuellement exclusifs et évoluent constamment. De nouveaux domaines apparaissent ; d’anciens domaines développent de nouvelles perspectives. Au sein de la discipline, les domaines de spécialisation constituent des compétences plus fouillées dans des attributs humains spécifiques ou dans des caractéristiques de l’interaction humaine.
-
L’ergonomie physique
L’ergonomie physique s’intéresse aux caractéristiques anatomiques, anthropométriques, physiologiques et biomécaniques de l’homme dans leur relation avec l’activité physique. Les thèmes pertinents comprennent les postures de travail, la manipulation d’objets, les mouvements répétitifs, les troubles musculo-squelettiques, la disposition du poste de travail, la sécurité et la santé. -
L’ergonomie cognitive
L’ergonomie cognitive s’intéresse aux processus mentaux, tels que la perception, la mémoire, le raisonnement et les réponses motrices, dans leurs effets sur les interactions entre les personnes et d’autres composantes d’un système. Les thèmes pertinents comprennent la charge mentale, la prise de décision, la performance experte, l’interaction homme-machine, la fiabilité humaine, le stress professionnel et la formation dans leur relation à la conception personne-système. -
L’ergonomie organisationnelle
L’ergonomie organisationnelle s’intéresse à l’optimisation des systèmes socio-techniques, ceci incluant leur structure organisationnelle, règles et processus. Les thèmes pertinents comprennent la communication, la gestion des ressources des collectifs, la conception du travail, la conception des horaires de travail, le travail en équipe, la conception participative, l’ergonomie communautaire, le travail coopératif, les nouvelles formes de travail, la culture organisationnelle, les organisations virtuelles, le télétravail et la gestion par la qualité.
Dans un second temps, l’ergonomie est donc devenue une discipline à part entière, qui prend en compte les moyens, les méthodes, l’environnement de travail et l’Homme lui-même. La discipline dépasse la finalité « pratique ». Remarquez que les notions d’ergonomie « physique » et « cognitive » ont été reprises dans les catégories de classement de nos articles.
2. LES DEUX GRANDS COURANTS DE L’ERGONOMIE
On a toujours distingué 2 grandes orientations de l’ergonomie :
-
L’orientation anglophone qu’on appelle aussi « Human Factors », qui consiste à appliquer les sciences relatives à l’Homme pour concevoir des dispositifs de travail. L’ergonome est ici placé en position « d’expert » et l’approche est purement expérimentale, c’est à dire basée sur des résultats généraux issus de recherche en laboratoire.
-
L’orientation francophone est centrée sur l’activité de travail. L’analyse de l’activité permet alors de concevoir ou de transformer des situations de travail (on agit sur les postes de travail, sur l’organisation etc…). L’ergonome a plus un rôle de conseil et il apporte son aide pour que l’entreprise prenne les bonnes décisions.
3. AUTRES DEFINITIONS IMPORTANTES
- Situation de travail : pour comprendre le travail, il faut analyser son déroulement de manière globale.
- Tâche : objectif à atteindre + moyens mis à disposition de l’opérateur pour réaliser cet objectif.
- Travail prescrit : ensemble des tâches que doivent réaliser les opérateurs. Elles sont définies par l’entreprise et souvent répertoriées dans les fiches de poste (descriptif « officiel » de ce que doit faire l’opérateur).
- Travail réel : correspond à l’activité de travail de l’opérateur.
- Activité de travail : mobilisation de l’opérateur et de ses capacités pour réaliser le travail prescrit. Il s’agit de l’objet d’étude de l’ergonome.
A SUIVRE…











Leave your response!