La Charge de travail : outils d’évaluation…
Focus sur l’augmentation de la charge de travail dans les entreprises… A quoi correspond t’elle ? Sous quelles formes se décline-t’elle sur le lieu de travail ?
La question de la charge de travail est apparue dans les débats sociaux dans les années 2000 avec l’arrivée des 35 heures. La charge de travail peut se diviser en 3 :
- La charge physique ( que l’on peut observer facilement)
- La charge cognitive
- La charge psychique
Ces deux derniers points sont plus difficiles a évaluer et sont souvent mis de coté par les entreprises. Des indicateurs d’alertes peuvent avertir les entreprises que la charge de travail est trop forte (augmentation des TMS, absentéismes, Turn over…)
Les entreprises cherchent la performance et la productivité .Le travail et les entreprises ont évolués et la problématique de la performance est mise en avant.. Mais on peut se demander sur quels critères sont basés la performance. Comment rendre une entreprise plus performante ? comment peut-on évaluer la charge de travail ?
1. L’évolution de la notion de performance
Beaucoup d’entreprises suivent un modèle Taylorien où la performance repose sur la productivité individuelle. Ces entreprises évaluent leur performance grâce à des outils théoriques (temps d’usinage d’une pièce, nombre de dossiers traité par jours..), qui semblent objectifs et donc pertinents. Mais le sont-ils vraiment ? la performance d’une entreprise se résume t-elle au seul critère de la productivité ?
Le monde du travail est en évolution et de nouveaux critères de performance apparaissent. Une entreprise qui souhaite être performante doit
* savoir gérer des aléas techniques ou les éviter au mieux
* ajuster son offre au plus près des désirs du client
* faire preuve de réactivité
* faire preuve d’innovation…
On voit donc que dans cette nouvelle organisation du travail c’est le collectif qui intervient et non plus seulement l’individu. « Le travail devient le support de la performance et non plus un coût qu’il faut réduire».
2. Vers une redéfinition des outils d’évaluation
Comme on l’a noté plus haut les entreprises basent leur réflexions sur des indicateurs théoriques qui semblent objectifs et donc légitimes. Mais ces indicateurs reflètent-ils vraiment la réalité du travail ?
Dans une entreprise qui produit des pièces pour l’industrie automobile, la direction a décidé d’augmenter sa production. Elle constate que le temps passé par les opérateurs est supérieur à ceux qui sont définis par sa fiche de poste. Suite à ces remarques, les opérateurs augmentent leur cadence. Au bout d’un mois, les chiffres font état d’une baisse de la production ainsi qu’une baisse de la qualité. De plus le nombre d’arrêt de machine a augmenté considérablement. En interrogeant les opérateurs il est constaté qu’en plus de l’usinage des pièces ils contrôlaient la machine et son approvisionnement, nécessitant donc un temps supplémentaire.
Grâce à cet exemple, on voit que ces indicateurs théoriques ne prennent pas en compte la complexité et les variations de la tache. Du point de vue des opérateurs cela peut être perçu comme une non reconnaissance de son travail et ses capacités.
Il faut donc modifier la représentation du travail et prendre en compte :
* les critère théoriques ( quantité, production, coût)
* les critères subjectifs ( précision, efficacité, qualité)
3. le collectif comme clé d’une bonne évaluation
La clé d’une bonne évaluation de la charge de travail c’est le collectif et les opérateurs. La création d’une dynamique sociale au sein de l’entreprise, basée sur une interaction et une communication entre tous les acteurs de l’entreprise, permet de s’approcher au plus près de la situation réelle de travail. Le rôle de l’encadrement intermédiaire est primordial. En effet, il fait le lien entre l’aspect quantitatif ( les objectifs fournis par la direction) et la réalité du terrain.
Certaine méthode tentent d’intégrer la notion « d’analyse d’activité ». Comme par exemple le modèle ABC/ ABM. Mais faut être conscient que la mesure de la charge de travail ne peut pas se faire a l’aide d’outils « tout-fait ». les entreprises doivent mettre en place des bases de réflexions et ouvrir des débats pour mettre en évidence « ses point faibles »
Bibliographie :
Travail et changement : n°268 et 270
Agir sur la charge de travail
Article rédigé par Laurence.











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